Le test de compétences ouvre le parcours du Certificat d’aptitude fédéral (CAF), le document exigé de tout candidat pompier ou agent de la Protection civile en Belgique. C’est un examen théorique qui vérifie vos connaissances avant les épreuves de terrain, et son contenu dépend du cadre visé : base, moyen ou supérieur.
Ce guide détaille le test cadre par cadre : ce qu’il évalue, comment il est noté, qui peut s’y inscrire et ce qui suit une fois le certificat en poche.
Le test de compétences du CAF/FGA : de quoi s’agit-il ?
Le test de compétences fait partie du Certificat d’aptitude fédéral (CAF) et de son équivalent, le FGA (Formation générale d’accès). Ces deux dispositifs permettent au service d’incendie belge de vérifier les connaissances des candidats selon le niveau visé.
L’épreuve mesure des aptitudes professionnelles, théoriques et pratiques, en fonction d’un cadre de référence. Elle existe en trois niveaux distincts : le cadre de base, le cadre moyen et le cadre supérieur. Chacun répond à des critères précis et mesurables, ce qui rend l’évaluation comparable d’un candidat à l’autre.
Le cadre officiel est fixé par le SPF Intérieur et la Direction générale de la Sécurité civile, dont le document de référence (version PC-02-2023) établit les normes et procédures. Le test de compétences reste distinct des autres épreuves, sur lesquelles nous revenons juste après.
Les trois modules du CAF et la place du test de compétences

Pour obtenir le certificat, il faut réussir trois modules, passés dans la même école du feu : le test de compétences, le test d’habileté manuelle opérationnelle, puis les épreuves d’aptitude physique.
Chaque module mesure autre chose. Le test de compétences porte sur les connaissances théoriques : logique, langue, sciences ou planification selon le cadre. Le test d’habileté manuelle évalue la dextérité, avec des bases en plomberie, menuiserie et électricité. Les épreuves physiques mesurent l’endurance et la force : il faut en réussir neuf sur onze, les deux premières étant éliminatoires.
Ces trois modules ne se confondent pas avec l’examen comparatif SELOR, un test de sélection propre au secteur public belge. Le SELOR intervient plus tard, au recrutement, et non pour l’obtention du CAF.
Les épreuves d’aptitude fédérales sont organisées par onze centres de formation pour la sécurité civile, les écoles du feu. Certaines zones de secours les organisent aussi elles-mêmes.
Contenu et notation du test selon le cadre
Le cadre visé dépend du grade auquel vous postulez, et donc de votre diplôme.
| Cadre | Grade | Diplôme requis |
|---|---|---|
| Cadre de base | Sapeur | Aucun diplôme |
| Cadre moyen | Sergent | Diplôme de niveau B (bachelier) |
| Cadre supérieur | Capitaine | Diplôme de niveau A (master) |
Cadre de base. Le test compte 60 questions à choix multiple, du niveau de la sixième année de l’enseignement secondaire professionnel. Selon les zones de secours, il se répartit en trois parties : 25 questions de logique et calcul, qui testent le raisonnement analytique ; 25 questions de langue, connaissances générales et orientation spatiale, dont le code de la route et un article de presse à comprendre ; et 10 questions de sciences, en chimie et physique de base (volumes, symboles et équations, changements d’état, mécanique, électricité). Les candidats titulaires d’un diplôme de la sixième ou septième année du secondaire peuvent d’ailleurs en être dispensés.
Cadre moyen. De niveau bachelier, le test comporte trois parties valant chacune un tiers des points (33,3 %). La première est un test de planification, qui vérifie la capacité à organiser, gérer le stress et décider. La deuxième est un test de jugement situationnel : des scénarios sont soumis et les actions évaluées en vue du rôle de sous-officier ou de responsable de service. La troisième est l’analyse d’un texte scientifique tiré de la presse spécialisée.
Cadre supérieur. Une source indique que ce test comporterait 12 questions : trois en mathématiques, trois en chimie et six en physique. Faute de corroboration, cette répartition reste à confirmer.
Le seuil de réussite est le même partout : au moins 50 %, pour un certificat ensuite valable pour une durée indéterminée.
La correction varie selon le module. Au cadre de base, une bonne réponse rapporte 1 point, une mauvaise en retire 1/3, et une absence de réponse ne change rien. Au cadre moyen, l’épreuve de planification suit un barème propre, tandis que le jugement situationnel et l’analyse de texte fonctionnent en choix multiples : un point par bonne réponse, sans pénalité.

Conditions d’accès et inscription
Les conditions combinent un diplôme, une nationalité, un âge minimum et un certificat médical.
Le diplôme dépend du cadre, comme vu plus haut : aucun pour le cadre de base, un bachelier pour le cadre moyen, un master pour le cadre supérieur. Il faut aussi être belge ou ressortissant d’un autre État de l’Union européenne ou de la Suisse, avoir au moins 18 ans à l’inscription, jouir de ses droits civils et politiques et satisfaire aux lois sur la milice. Aucun âge maximum n’est fixé.
L’attestation médicale est obligatoire : établie au plus tôt trois mois avant les épreuves physiques par un médecin généraliste, elle atteste que vous êtes apte à les passer. Prévoyez aussi une carte d’identité valide et, selon le cadre, le diplôme requis.
L’inscription se fait directement auprès des écoles du feu ou des zones de secours qui organisent les épreuves. Un candidat ne peut s’inscrire que dans une seule école à la fois, et la participation est gratuite. Un calendrier provincial annonce les prochaines sessions.
La langue de passage suit la région : le français en Wallonie, le néerlandais en Flandre. Le certificat obtenu dans l’une ou l’autre langue reste valable dans toute la Belgique.
Validité, échec et réinscription
Le test de compétences n’a pas de date de péremption : une fois réussi, le certificat correspondant est valable pour une durée indéterminée.
Un échec n’entraîne aucun délai d’attente ; vous pouvez vous réinscrire immédiatement à l’épreuve ratée. La règle change en cas de non-présentation : sauf force majeure, il faut alors patienter six mois avant de retenter.
Seules les épreuves d’aptitude physique ont une validité limitée, fixée à deux ans à compter de la clôture du procès-verbal. Six mois avant l’échéance, vous pouvez la prolonger en repassant uniquement ces épreuves. Le test de compétences, lui, n’est pas concerné.
Un socle pour les examens de promotion
Réussir le test de compétences ne sert pas qu’à entrer dans le métier. Les résultats du CAF/FGA servent aussi de base aux examens de promotion vers les grades supérieurs, comme sergent, capitaine ou major. Le maîtriser reste donc utile pour toute la carrière.
Si vous détenez déjà un CAF cadre de base et visez le cadre moyen ou supérieur, il suffit de passer le test de compétences du nouveau cadre : aucune dispense n’existe pour ce test aux cadres moyen et supérieur. En revanche, vous êtes alors dispensé du test d’habileté manuelle et des épreuves physiques pour ces niveaux. Seul le test de compétences reste à repasser.
Se préparer au test de compétences
La préparation dépend du cadre, mais quelques axes reviennent.
Pour le cadre de base, entraînez-vous sur la logique, le calcul, l’orientation spatiale et le code de la route, puis sur les bases de chimie et de physique. Ce sont précisément les matières notées.
Pour le cadre moyen, travaillez la planification et la gestion du stress, exercez-vous au jugement situationnel face à des scénarios de terrain, et habituez-vous à lire des articles de presse scientifique pour en dégager l’essentiel.
Avant de vous inscrire, passez en revue l’ensemble des épreuves du CAF, y compris l’habileté manuelle et les épreuves physiques. Vous saurez ainsi ce qui vous attend sur les trois modules, et pas seulement sur le test de compétences.

Après le CAF : postuler et contexte de la sécurité civile
Une fois le certificat obtenu, avec le test de compétences, l’habileté manuelle et les épreuves physiques réussis, vous pouvez postuler. Deux voies s’ouvrent : directement auprès d’une zone de secours, ou via travaillerpour.be pour la Protection civile. Attention, le CAF ne garantit pas un emploi : il ouvre seulement le droit de postuler.
Du côté de la Protection civile, la candidature via travaillerpour.be est suivie de trois épreuves de recrutement :
- une épreuve cognitive informatisée, qui teste le raisonnement technique et abstrait ;
- une épreuve physique de claustrophobie et d’orientation, où vous rampez dans un labyrinthe d’un mètre de haut, les yeux bandés et muni d’un masque à filtre ;
- un entretien oral.
Ces débouchés s’inscrivent dans la Sécurité civile belge, qui repose sur les centrales d’urgence 112, les 34 zones de secours (avec les pompiers de Bruxelles) et la Protection civile, service fédéral de renfort spécialisé rattaché au SPF Intérieur. On y travaille comme professionnel, avec un salaire fixe mensuel et des primes, ou comme volontaire, rémunéré selon le nombre de missions.
Le métier recrute surtout à temps partiel : du Forem, 97,6 % des 123 offres diffusées en 2025 étaient à temps partiel, et 63,6 % concernaient la province de Liège.

Foire aux questions
Qu’est-ce que le test de compétences du CAF/FGA évalue exactement ?
Il évalue vos aptitudes professionnelles, théoriques et pratiques, selon le cadre visé (base, moyen ou supérieur), chacun avec ses critères. Il reste distinct des épreuves physiques, de l’habileté manuelle et de l’examen comparatif SELOR.
Le test de compétences est-il différent pour le cadre de base, moyen et supérieur ?
Oui : cadre de base pour devenir sapeur-pompier, cadre moyen pour sergent, cadre supérieur pour capitaine, avec chaque fois un diplôme et un contenu différents.
Quel est le score minimum pour réussir le test de compétences ?
Il faut obtenir au moins 50 %, quel que soit le cadre. Le certificat obtenu est ensuite valable pour une durée indéterminée.
En cas d’échec au test de compétences, dois-je attendre avant de me réinscrire ?
Non, la réinscription est immédiate. Le délai de six mois ne concerne que la non-présentation, sauf force majeure.
Le test de compétences du CAF est-il le même que le test d’habileté manuelle ?
Non, ce sont deux modules distincts : le test de compétences porte sur les connaissances théoriques, l’habileté manuelle sur la dextérité pratique (plomberie, menuiserie, électricité).
Le test de compétences sert-il aussi pour les examens de promotion (sergent, capitaine) ?
Oui. Les résultats du CAF/FGA servent de base aux examens de promotion vers des grades comme sergent, capitaine ou major.
Faut-il repasser le test de compétences si je détiens déjà un CAF cadre de base ?
Si vous visez le cadre moyen ou supérieur, oui : il faut passer le test du nouveau cadre. Aucune dispense n’existe pour ce test à ces niveaux.
Que faire après avoir réussi le test de compétences et obtenu le CAF ?
Une fois les trois modules réussis, postulez auprès d’une zone de secours ou, via travaillerpour.be, auprès de la Protection civile. Des épreuves de recrutement complémentaires (cognitive, physique, entretien) suivent.
Est-ce qu’un bénévole de la Protection civile est payé ?
Les volontaires exercent en parallèle de leur activité principale et sont rémunérés selon le nombre de missions. Les professionnels touchent un salaire fixe mensuel complété de primes.



