Le CAF est le passage obligé pour qui veut devenir pompier ou rejoindre le personnel opérationnel de la Protection civile en Belgique. Sans ce certificat, aucune candidature n’est recevable. Il mesure une aptitude, il n’attribue pas un poste, et cette nuance oriente toute la préparation.
Ce guide fait le tour de l’essentiel : ce qu’est le CAF, comment il se compose, qui peut s’y inscrire, où et quand le passer, et ce qui vient ensuite. Les règles ont été assouplies au 1er janvier 2024, ce qui simplifie nettement le parcours.
Qu’est-ce que le CAF (ou FGA) ?
Le CAF, pour Certificat d’Aptitude Fédéral, est le prérequis central du recrutement dans les zones de secours et à la Protection civile. En néerlandais, on l’appelle le FGA, pour Federaal Geschiktheidsattest. Les deux termes recouvrent la même réalité et relèvent de la Direction générale Sécurité civile, au sein du SPF Intérieur.
Ce certificat découle de l’arrêté royal du 19 avril 2014 relatif au statut administratif du personnel opérationnel des zones de secours. Il concerne les trois cadres ordinaires de ce personnel : le cadre de base, le cadre moyen et le cadre supérieur.
Son rôle est simple à résumer. Le CAF confirme que le candidat possède les aptitudes minimales d’un sapeur-pompier. Il n’ouvre droit à aucun emploi. Réussir les épreuves permet seulement d’accéder ensuite aux procédures de recrutement menées par chaque zone de secours ou par la Protection civile.
Reste la question de la validité. Le certificat vaut pour une durée indéterminée, à une exception près : le volet physique n’est valable que deux ans à partir de la clôture du procès-verbal des épreuves. Au-delà, cette seule partie doit être repassée.
Les trois modules du CAF

Le CAF repose sur trois modules : un test de compétences, un test d’habileté manuelle opérationnelle et des épreuves d’aptitude physique. Les trois doivent être réussis pour décrocher le certificat.
| Module | Désignation | Composition | Critères de réussite | Validité |
|---|---|---|---|---|
| Module 1 | Test de compétences | 60 questions à choix multiple : 25 logique/calcul, 25 langue/connaissances générales/orientation spatiale, 10 sciences | Barème : +1 point par bonne réponse, -1/3 point par mauvaise réponse, 0 point en cas d’absence de réponse | Indéterminée |
| Module 2 | Test d’habileté manuelle opérationnelle | Deux modules pratiques : au moins 1 menuiserie + 1 autre domaine (électricité, plomberie, etc.) | Réussite des deux modules pratiques ; échec à l’une = échec global du module 2 | Indéterminée |
| Module 3 | Épreuves d’aptitude physique | Onze tests physiques dont 2 éliminatoires (course 600m en 2min45, ascension échelle 30m en 5min) | Réussite d’au moins 7 des 9 tests C à K + les 2 épreuves éliminatoires (A et B) obligatoires | 2 ans (renouvellement possible 6 mois avant expiration) |
Le test de compétences
Le premier module est un questionnaire à choix multiple de 60 questions, du niveau de la sixième année de l’enseignement secondaire professionnel. Il se répartit en trois blocs : 25 questions de logique et de calcul, 25 questions de langue, de connaissances générales et d’orientation spatiale, et 10 questions de sciences en chimie et physique de base.
La correction pénalise l’erreur. Une bonne réponse vaut 1 point, une mauvaise réponse retire 1/3 de point, et une absence de réponse est neutre. Le seuil de réussite est fixé à 50 %. Les titulaires d’un diplôme de sixième ou septième secondaire en sont dispensés depuis 2024.
Le test d’habileté manuelle opérationnelle
Deuxième module, le test d’habileté manuelle opérationnelle porte sur les gestes techniques de base : mesurer, scier, forer et visser, en menuiserie, en plomberie et en électricité. Le candidat affronte deux épreuves pratiques, dont au moins une de menuiserie associée à un autre domaine. Les deux doivent être réussies, faute de quoi le module entier est raté.
Les épreuves d’aptitude physique
Le volet physique concentre le plus grand nombre d’épreuves et les seules épreuves éliminatoires. Il compte onze épreuves, énumérées à l’annexe de l’arrêté royal du 19 avril 2014, dont deux éliminatoires : la course de 600 mètres à boucler en 2 minutes et 45 secondes, et le test de l’échelle, qui impose de grimper sur une auto-échelle de 30 mètres en 5 minutes.
Sur les neuf épreuves suivantes, codées de C à K, il faut en valider au moins sept. Les deux épreuves éliminatoires, elles, doivent impérativement être franchies.
| Épreuve | Description | Critères/Temps | Éliminatoire |
|---|---|---|---|
| A – Course de 600m | Parcourir 600m | 2 minutes 45 secondes maximum | Oui |
| B – Test de l’échelle | Grimper sur une auto-échelle | 30m de haut en 5 minutes | Oui |
| C – Traction des bras | Hommes : front contre barre 5 fois; Femmes : menton au-dessus de la barre pendant 20 secondes | Selon le sexe | Non |
| D – Escalade | Escalader une bomme aller-retour | 180cm de haut en 60 secondes | Non |
| E – Équilibre | Monter, marcher 3m, demi-tour, revenir | 180cm de haut en 60 secondes | Non |
| F – Marche accroupie | Parcourir 8m accroupi et revenir | 8m aller-retour en 21 secondes | Non |
| G – Flexion des bras | Effectuer des flexions (pompage) | 23 flexions | Non |
| H – Traîner une bâche | Traîner une bâche remplie de sacs de sable | 80 kg sur 15m aller et 15m retour en 33 secondes | Non |
| I – Traîner un tuyau d’incendie | Traîner un tuyau rempli d’eau | 20m de long sur 15m de distance en 11 secondes | Non |
| J – Ramener un tuyau d’incendie | Ramener entièrement un tuyau non rempli d’eau | 20m de long en 19 secondes | Non |
| K – Monter les escaliers | Monter des marches | 22,6m de haut (133 marches équivalent 7 étages) en 53 secondes | Non |
Les conditions pour s’inscrire au CAF
Les conditions d’accès valent aussi bien pour les volontaires que pour les professionnels. Le candidat doit être belge ou ressortissant d’un autre État de l’Espace économique européen ou de la Suisse. Le grade de capitaine fait exception : il est réservé aux Belges, car les officiers exercent une part de l’autorité publique, par exemple lors de réquisitions.
L’âge minimal est de 18 ans à la date d’inscription. Les jeunes ayant réussi le test d’admission à la formation des cadets peuvent s’inscrire avant cet âge.
Pour les épreuves physiques, une attestation médicale est indispensable. Elle doit dater de trois mois au maximum avant le début des tests et déclarer le candidat apte.
La réforme de 2024 a réduit les formalités. L’extrait de casier judiciaire et le permis de conduire B ne sont plus exigés à l’inscription au CAF ; la zone de secours les réclamera plus tard, au moment du recrutement. Le candidat doit aussi jouir de ses droits civils et politiques et être en règle avec les lois sur la milice. Enfin, un diplôme de sixième ou septième secondaire dispense du test de compétences pour le cadre de base, à condition de s’inscrire quand même à l’épreuve et de téléverser le document.
Le CAF selon le cadre visé
Le personnel opérationnel se répartit en trois cadres, et le cadre auquel on se présente dépend du diplôme détenu.
| Cadre | Grade | Diplôme exigé |
|---|---|---|
| Cadre de base | Sapeur | Aucun diplôme |
| Cadre moyen | Sergent | Diplôme de niveau B (Bachelier) |
| Cadre supérieur | Capitaine | Diplôme de niveau A (Master) |
Le cadre de base mène au grade de sapeur et n’exige aucun diplôme. Le cadre moyen conduit au grade de sergent et suppose un diplôme de bachelier, soit un niveau B. Le cadre supérieur, avec le grade de capitaine, requiert un diplôme de master, soit un niveau A, en plus de la nationalité belge.
Le test de compétences s’adapte au niveau de chaque cadre. Une personne déjà titulaire d’un CAF pour le cadre de base qui vise le cadre moyen ou supérieur ne repart pas de zéro : elle passe uniquement le test de compétences du nouveau cadre.

Où et quand passer le CAF
Onze écoles du feu organisent les épreuves du CAF en Belgique, entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles. Le candidat choisit librement son centre et sa date. Ce choix ne dépend ni de la zone où il postulera ensuite, ni de sa province de résidence.
Chaque régime linguistique, francophone et néerlandophone, propose au moins une session par an. Le calendrier n’est pas régulier pour autant, et s’inscrire dans une autre province peut parfois accélérer les choses.
La réforme du 1er janvier 2024 a levé deux contraintes. L’ordre de passage des trois modules est désormais libre. Un candidat peut ne repasser que l’épreuve échouée, dans le centre de son choix, s’il fournit les attestations de réussite des autres modules.
Les dates sont publiées par chaque centre et sur les plateformes officielles. Pour le cadre de base, les prochaines sessions sont annoncées vers la fin 2026, sans dates encore arrêtées à ce stade.
Après le CAF : les épreuves de recrutement

Le certificat en poche, une bonne partie du chemin reste à faire. Le CAF n’ouvre que la deuxième étape : la candidature auprès d’une zone de secours ou de la Protection civile.
Pour la Protection civile, tout passe par le portail travaillerpour.be, où sont publiés les postes vacants. Une fois la candidature déposée, le candidat est convoqué à trois épreuves de recrutement.
La première est une épreuve cognitive informatisée qui teste le raisonnement technique et abstrait. La deuxième est un test physique de claustrophobie et d’orientation : ramper dans un labyrinthe d’un mètre de haut, les yeux bandés et un masque à filtre sur le visage, puis en sortir. La troisième est un entretien oral centré sur la motivation et l’adéquation à la fonction.
À ces épreuves, chaque zone de secours peut ajouter ses propres tests, eux aussi à réussir. Un dernier point mérite d’être noté : au sein de la Sécurité civile, on peut servir comme professionnel ou comme volontaire. Les tâches et les exigences sont identiques, seul le temps de travail change. Les membres déjà en poste, eux, sont dispensés du CAF et postulent directement.
Échec, réinscription et validité
Rater un module n’oblige pas à tout recommencer. Seul le module concerné est à repasser, les autres restant acquis.
Depuis la réforme de 2024, le délai d’attente après un échec a disparu. Un candidat qui échoue à une épreuve peut se réinscrire aussitôt. Un délai de six mois ne subsiste que pour ceux qui ne se sont pas présentés à une épreuve sans motif de force majeure.
La validité, elle, demande de la vigilance. Les modules de compétences et d’habileté manuelle valent à vie. Le volet physique expire après deux ans. Pour le prolonger, il suffit de se réinscrire à cette seule partie, au plus tôt six mois avant l’échéance.
Une fois ces règles en tête, la meilleure démarche consiste à repérer un centre dont le calendrier est proche, à préparer sérieusement le volet physique, qui concentre les seules épreuves éliminatoires, et à surveiller les offres publiées par les zones de secours et sur travaillerpour.be.
Foire aux questions
Qu’est-ce que le CAF pompier ?
Le Certificat d’Aptitude Fédéral (CAF), ou FGA en néerlandais, est le prérequis obligatoire pour postuler à un poste de sapeur-pompier, sergent ou capitaine, professionnel ou volontaire, ainsi qu’à la Protection civile. Il comprend un test de compétences, un test d’habileté manuelle opérationnelle et des épreuves d’aptitude physique.
Comment obtenir le certificat d’aptitude fédéral ?
Il faut s’inscrire auprès d’une école du feu (centre de formation) de son choix et réussir les trois épreuves du CAF : test de compétences, test d’habileté manuelle opérationnelle et épreuves d’aptitude physique. Les épreuves sont organisées au moins une fois par an par régime linguistique.
Comment puis-je postuler pour travailler pour la Protection civile en Belgique ?
Il faut d’abord obtenir le CAF, puis postuler via travaillerpour.be auprès de la Protection civile. Le candidat passe ensuite trois épreuves de recrutement : une épreuve cognitive informatisée, une épreuve physique avec test de claustrophobie, et un entretien oral.
Comment faire pour rentrer dans la Protection civile ?
La procédure comporte deux étapes : obtenir d’abord le Certificat d’Aptitude Fédéral (CAF) auprès d’une école du feu, puis postuler auprès de la Protection civile via travaillerpour.be et réussir les trois épreuves de recrutement spécifiques (cognitive, claustrophobie, entretien).
Wat is een federaal geschiktheidsattest?
Het Federaal Geschiktheidsattest (FGA) is het verplichte vereiste attest om te kunnen solliciteren als brandweerman/vrouw of bij de Civiele Bescherming in België. Het bestaat uit drie modules: een competentietest, een operationele handvaardigheidstest en lichamelijke geschiktheidsproeven.
Hoe kan ik mijn FGA behalen?
Je schrijft je in bij een brandweerschool naar keuze, onafhankelijk van de zone waarvoor je later wil solliciteren of de provincie waarin je woont. Je moet slagen voor de competentietest, de handvaardigheidstest en de fysieke proeven, telkens georganiseerd door de provinciale brandweerscholen.
Qu’est-ce que le test TPMO pour les pompiers ?
Ce guide traite spécifiquement du test d’habileté manuelle opérationnelle (l’une des trois épreuves du CAF), qui évalue les connaissances pratiques de base en menuiserie, électricité et plomberie via deux épreuves pratiques chronométrées. Consultez l’article dédié à cette épreuve pour le détail complet.
Kan je brandweerman worden zonder diploma?
Ja, voor het basiskader (brandweerman) is geen diploma vereist. Kandidaten zonder diploma van het zesde of zevende jaar secundair onderwijs moeten wel de competentietest van het FGA afleggen; wie dat diploma wel heeft, is hiervan vrijgesteld.
Quel âge pour entrer dans la protection civile ?
L’âge minimum pour s’inscrire aux épreuves du CAF est de 18 ans à la date d’inscription, sauf exception pour les jeunes ayant réussi le test d’admission à la formation des cadets, qui peuvent s’inscrire avant leurs 18 ans.
Quels sont les 6 métiers de la Protection civile ?
Ce guide se concentre sur le CAF, prérequis d’accès au recrutement (pas sur la liste des métiers spécifiques). La Protection civile organise cependant ses missions autour de quatre spécialités opérationnelles (CBRN, SAR, HTD, ICM) et recrute aux grades de sapeur, sergent et capitaine selon le diplôme détenu.



