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Missions de la Protection civile belge: le guide complet

Découvrez les missions de la Protection civile belge: CBRN, sauvetage, inondations, appui de crise. Qui elle aide, quand elle intervient et comment.

Agent de la Protection civile au volant d'un véhicule d'intervention et camion de secours communiquant par radio.

La Protection civile est un service de secours fédéral belge. Contrairement aux pompiers, elle n’est pas en première ligne. Elle intervient en renfort, à la demande des autorités, quand une situation dépasse les capacités locales. Ses missions vont de la lutte contre les pollutions dangereuses au sauvetage de personnes, en passant par les inondations et l’appui à la gestion de crise. Cet article détaille ce qu’elle fait concrètement sur le terrain, qui peut la solliciter et comment ses équipes s’organisent.

Un service fédéral qui intervient en renfort

La Protection civile fait partie de la Direction générale Sécurité civile, au sein du Service Public Fédéral Intérieur (SPF Intérieur). Elle intervient à la demande du ministre de l’Intérieur, d’un gouverneur, d’un bourgmestre, des pompiers ou de la police.

Rejoignez le terrainCes missions vous parlent ? La première étape, c'est le recrutement et le CAF/FGA.

Un particulier ne peut donc pas l’appeler directement. En cas d’urgence, il compose le numéro d’urgence 112. Ce sont ensuite les services de secours ou les autorités qui décident, si nécessaire, de faire appel à la Protection civile.

La sécurité civile belge repose sur trois acteurs complémentaires: les centrales d’urgence 112 et 101, les zones de secours et les unités de Protection civile. Les zones de secours, au nombre de 35, couvrent tout le territoire et assurent les interventions locales de première ligne.

La Protection civile entre en jeu lorsque ces capacités locales sont dépassées. Selon la Direction générale Sécurité civile, la Belgique s’appuie sur près de 17.000 pompiers professionnels et volontaires, que la Protection civile vient épauler avec du personnel et du matériel lourd que les zones ne possèdent pas.

Les quatre spécialités opérationnelles

Les missions de la Protection civile s’organisent autour de quatre spécialités, aussi appelées clusters: CBRN, SAR, HTD et ICM. Chaque agent maîtrise d’abord des compétences génériques de base, puis développe une expertise plus pointue selon les besoins de son unité.

CBRN: risques chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires

Le cluster CBRN (Chemical, Biological, Radiological and Nuclear) intervient lors d’accidents industriels ou routiers impliquant des substances dangereuses. On parle aussi de risques NRBC en français, pour nucléaire, radiologique, biologique et chimique.

Il dispose d’un matériel spécifique: un véhicule de mesure et un laboratoire mobile qui permet une première analyse des échantillons directement sur le terrain. En cas d’accident chimique ou nucléaire, l’agent peut déclencher les sirènes et met en œuvre les techniques de protection et de prévention des pollutions.

SAR: recherche et sauvetage de personnes

Vient ensuite le cluster SAR (Search and Rescue), chargé du sauvetage et de la recherche de personnes. Ses interventions couvrent le dégagement de victimes ensevelies sous des décombres, le sauvetage en eaux vives et la désincarcération lourde spécialisée après un accident de la route.

L’équipe réunit des profils variés: plongeurs, maîtres-chiens, équipes de sauvetage en bateau et équipes USAR de niveau medium et heavy, capables de localiser et de dégager les survivants sous les décombres. Elle dispose aussi de matériel d’appui pour le secours spéléo et le sauvetage en mer. Lors des inondations, elle mobilise les équipes FRUB (Flood Rescue Using Boats) pour évacuer les personnes bloquées par les eaux.

HTD: appui technique lourd et pompage

L’appui technique lourd relève du cluster HTD (Heavy Technical Deployment). Il entre en action lors des pannes électriques de grande ampleur, des inondations importantes ou des travaux d’extinction exigeants.

Il met en œuvre le matériel le plus imposant: groupes électrogènes, canons d’extinction, pompes lourdes de haute capacité, réserves de produits moussants, matériel d’endiguement et systèmes de transport d’eau sur de longues distances. La Protection civile intervient ainsi sur les incendies de grande ampleur dans les bâtiments industriels, les tunnels, les parkings souterrains ou en forêt, là où les moyens standards atteignent leurs limites.

ICM: gestion de crise et coordination

Enfin, le cluster ICM (Incident and Crisis Management) soutient la coordination et la gestion de crise. Il met à disposition des drones et des robots d’observation et de mesure, des moyens de télécommunication et un poste de commandement des opérations mobile.

Sur le terrain, ce poste de commandement des opérations sert de base pour coordonner les intervenants. La fonction de Directeur du poste de commandement des opérations (Dir-PC-Ops) est d’ailleurs réservée, depuis 2017, à un officier ayant suivi une formation dédiée, préparée par le Centre de connaissance de la Sécurité civile.

Rue inondée avec sacs de sable empilés pour contenir la montée des eaux

Inondations: la mission la plus visible

Les inondations sont sans doute la mission la plus connue de la Protection civile. Elle y déploie ses moyens HTD de pompage de haute capacité, produit et distribue des sacs de sable, et procède au colmatage et au renforcement de digue pour contenir la montée des eaux.

Le réflexe reste le même pour un citoyen: en cas d’inondation, on appelle le 112. Ce sont les pompiers ou les autorités locales qui font ensuite appel à la Protection civile pour le pompage lourd, les sacs de sable ou le renforcement de digue.

Les inondations de juillet 2021 donnent une bonne image de ce déploiement. Dans un premier temps, une trentaine d’agents, avec les équipes FRUB et les plongeurs, sont rapidement entrés en action avec six bateaux pour évacuer les personnes bloquées.

Selon la Protection civile, 227 agents professionnels et volontaires ont été mobilisés à l’unité de Crisnée entre le 24 juillet et le 8 août, avec des renforts venus de Brasschaat. De nombreuses opérations de pompage lourd ont été menées dans les provinces de Limbourg, Liège, Namur, Luxembourg, Brabant wallon et Brabant flamand.

L’intervention ne s’est pas arrêtée à la décrue. Les engins de génie civil (grues, pelleteuses, conteneurs) ont servi au déblaiement de tonnes de débris dans les communes sinistrées. Les équipes DVI (Disaster Victim Identification) de la police fédérale ont identifié les victimes dans les infrastructures de Crisnée, où une morgue mobile avait été installée. Des Dir-PC-Ops sont restés dans les communes les plus touchées pour évaluer les besoins avec les autorités locales et coordonner les actions. Pour la phase de rétablissement, la Protection civile a pris part à la Cellule d’appui fédérale, placée sous la tutelle du Commissariat spécial à la reconstruction de la Région wallonne.

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Missions judiciaires et internationales

Appui judiciaire et lutte contre la pollution

À la demande de la police ou des autorités judiciaires, la Protection civile prête main-forte sur des missions judiciaires. Cela va de la recherche de personnes disparues au démantèlement de laboratoires de drogue ou de plantations de cannabis.

Ses agents interviennent aussi sur la pollution. Ils nettoient les rues souillées après un incident et distribuent des berlingots d’eau à la population en cas de pénurie.

Missions internationales avec B-FAST

La Protection civile ne se limite pas au territoire belge. Certains de ses agents font partie de l’équipe B-FAST (Belgian First Aid and Support Team), mobilisable en permanence pour porter secours aux pays frappés par une catastrophe.

La Belgique participe à ces missions B-FAST depuis 2003, sous la coordination du SPF Intérieur. Ses équipes sont intervenues sur plusieurs catastrophes majeures: le tsunami d’Asie du Sud-Est en 2005, les séismes en Chine en 2008 et à Haïti en 2010, les inondations en Roumanie en 2010 et en Bosnie-Herzégovine en 2014, ou encore l’ouragan Maria en République dominicaine en 2017. À la demande de l’Union européenne ou d’un pays sinistré, la Direction générale Sécurité civile coordonne ces missions de secours internationales, auxquelles participent des pompiers et la Protection civile.

Deux unités opérationnelles: Crisnée et Brasschaat

Depuis la réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2019, la Protection civile ne compte plus que deux unités opérationnelles: Brasschaat, en province d’Anvers, et Crisnée, en province de Liège. Chacune est dirigée par un chef d’unité et mène des opérations sur tout le territoire belge, mais aussi à l’étranger. La Direction des opérations, elle, est basée à Bruxelles.

Combien de personnes travaillent à la Sécurité civile?

Selon la Direction générale Sécurité civile, 1262 collaborateurs travaillent au sein de cette direction générale. Ils se répartissent en trois pôles: 136 personnes à la direction centrale de Bruxelles, 284 agents et volontaires dans les unités opérationnelles de la Protection civile, et 842 opérateurs et calltakers dans les centrales d’urgence 112 et 101.

Les agents se répartissent entre professionnels et volontaires. Les professionnels sont affectés aux unités de Crisnée et Brasschaat. Les volontaires renforcent les capacités d’intervention en parallèle d’une autre activité professionnelle et sont indemnisés selon le nombre d’interventions auxquelles ils participent.

Le cadre légal des missions

Les missions de la Protection civile sont fixées par l’arrêté royal du 10 juin 2014, qui détermine les tâches de sécurité civile confiées aux zones de secours et aux unités opérationnelles de la Protection civile.

Ce cadre n’est pas récent. La Protection civile belge a été créée officiellement par arrêté royal le 11 mars 1954 et constitue la discipline 4 de la planification d’urgence. Ses missions ont été précisées par la loi du 28 mars 2003, puis revues à l’arrivée des zones de secours, entrées en vigueur le 1er janvier 2015.

Le renfort apporté aux zones fait l’objet d’une convention de collaboration entre chaque zone et l’unité opérationnelle concernée. Cette convention fixe les moyens spécialisés à mobiliser et le niveau de service attendu (SLA). Un point important a changé avec cette réforme: la direction des opérations reste à l’officier de la zone présent sur les lieux, quel que soit le grade de l’officier venu en renfort. Auparavant, un service devait céder le commandement à un renfort plus gradé, ce qui poussait parfois à demander de l’aide trop tard.

Trois agents de secours en uniforme lors d'une cérémonie officielle de remise de diplômes devant une foule.

Concrètement, que fait un agent et comment le devenir

Une journée type hors intervention

Entre deux interventions, le travail d’un agent est très concret. Il entretient le matériel: il suit les plannings d’entretien, nettoie les équipements, les graisse, remplace des composants, fait l’appoint des liquides et signale les problèmes qu’il ne peut pas régler seul. Cet entretien, réalisé en dehors des interventions, fait partie intégrante du métier.

En intervention

Sur le terrain, l’agent conduit un véhicule prioritaire, reçoit les demandes d’intervention et applique les consignes. Il doit d’abord reconnaître les dangers (effondrement, explosion, asphyxie, incendie, pollution), sécuriser la zone en déblayant les débris ou en étayant des structures, puis agir: approcher, éteindre, pomper, neutraliser ou désinfecter. Il peut aussi donner les premiers soins, administrer de l’oxygène, utiliser un DEA et transporter les personnes qui ont besoin d’une assistance médicale d’urgence.

Les qualités attendues

Le métier demande du sang-froid, de la rapidité de réaction et une vraie disponibilité. S’y ajoutent la capacité d’adaptation, la résistance à la fatigue physique et nerveuse, la discipline, la polyvalence et une bonne condition physique.

Le parcours de recrutement

Pour rejoindre la Protection civile comme professionnel, il faut d’abord obtenir le Certificat d’Aptitude Fédéral (CAF). Les épreuves du CAF sont organisées par les écoles du feu, dans chaque province wallonne et à Bruxelles.

Les appels à candidature sont ensuite publiés sur le site de Selor, le bureau de sélection de l’administration fédérale. Le recrutement peut se faire au grade de sapeur, de sergent ou de capitaine selon le niveau visé. Après la réussite d’un test au Selor, le candidat effectue un stage et une formation interne d’un an au sein de son unité. Il est nommé au terme de cette année si son évaluation est positive. La Protection civile recrute aussi des volontaires, indemnisés selon le nombre d’interventions auxquelles ils prennent part.

Foire aux questions

Quelles sont les missions de la Protection civile?

La Protection civile protège la population lors d’accidents et de pollutions CBRN, réalise des sauvetages (décombres, eaux vives, désincarcération), intervient sur les inondations majeures (pompage, renforcement de digue), appuie la gestion de crise avec ses drones, robots et son poste de commandement des opérations, et mène des missions judiciaires ainsi que la lutte contre les incendies de grande ampleur.

Quand la Protection civile intervient-elle?

Elle intervient uniquement à la demande d’une autorité ou d’un service de secours: ministre de l’Intérieur, gouverneur, bourgmestre, pompiers ou police. Jamais à la demande directe d’un citoyen. Son rôle est de renforcer les moyens locaux quand une catastrophe dépasse leurs capacités.

Quels sont les 6 métiers de la Protection civile?

On parle souvent de six métiers, mais les sources officielles décrivent plutôt quatre grandes spécialités: CBRN, SAR, HTD et ICM. Chaque agent acquiert d’abord des compétences génériques de base, puis se spécialise selon les besoins de son unité, à Crisnée ou à Brasschaat.

Quels sont les services de la Protection civile?

La Protection civile s’organise en deux unités opérationnelles (Crisnée et Brasschaat) et quatre spécialités (CBRN, SAR, HTD et ICM), au sein de la Direction générale Sécurité civile du SPF Intérieur.

Quel est le rôle de la Protection civile en Belgique?

Son rôle est d’apporter un renfort fédéral spécialisé aux zones de secours locales lorsque leurs moyens sont dépassés. Cela concerne surtout les catastrophes CBRN, les sauvetages complexes, les inondations majeures et la gestion de crise à grande échelle.

Quel est le travail d’un agent de la Protection civile?

En intervention, un agent renforce les pompiers, la police et les autorités locales par du pompage, du sauvetage, la gestion de pollutions ou un appui technique lourd. Entre deux missions, il assure l’entretien du matériel spécialisé.

Quelles sont les fonctions de la Protection civile?

Ses fonctions couvrent l’entretien du matériel, la lutte contre les incendies de grande ampleur, le sauvetage de personnes et la protection contre les pollutions, jusqu’aux premiers soins et au transport de victimes lors d’interventions d’urgence.

Que signifie NRBC?

NRBC signifie nucléaire, radiologique, biologique et chimique (CBRN en anglais). C’est l’un des quatre clusters de la Protection civile. Il intervient sur les accidents industriels ou routiers impliquant ce type de substances dangereuses.

Qui appeler en cas d’inondation en Belgique?

En cas d’inondation, il faut appeler le 112. Ce sont les pompiers ou les autorités locales qui, si nécessaire, font appel à la Protection civile en renfort: pompage de haute capacité, sacs de sable et renforcement de digue.

Quel est le coût d’une intervention de la Protection civile?

Ses renforts aux zones de secours reposent sur des conventions de collaboration qui fixent les moyens et le niveau de service, sans coût facturé au citoyen.

Sources

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